Magnificat - Juillet 2018

Les chemins de la prière  5 pas en dignité en s’ouvrant de la sorte ; au contraire, elle refuse la mondanité pour devenir plus fidèle à l’appel du Seigneur. L es gestes concrets de l ’ accueil Étymologiquement, le mot « liturgie » désigne un ser- vice. C’est celui du peuple dans un double mouvement : le service que Dieu rend à son peuple en lui permettant de le célébrer, de l’invoquer et de lui rendre grâce, et le service dont le peuple s’acquitte en retour par sa fidélité à cette tâche. On pourrait encore esquisser un troisième mou- vement qui viendrait se greffer aux précédents. L’œuvre de la liturgie rend service au peuple en le transformant par l’accueil sans cesse renouvelé de la grâce. Ainsi, celui qui célèbre est poussé à conformer son existence au mys- tère célébré. Toute liturgie authentique doit être féconde. Comme l’assemblée, l’acte liturgique ne peut être fermé sur lui-même. En effet, si l’eucharistie est instituée par Jésus au soir de la Cène, elle ne peut se comprendre sans référence à l’offrande de lui-même sur la croix, geste qu’annonce le lavement des pieds (cf. Jn 13, 1-15) . De la sorte, Jésus demande à ses disciples de faire comme lui, de s’offrir à leur tour par amour et de devenir une vivante offrande 2 . On ne peut oublier que toute liturgie s’enracine dans ce don du Christ par amour. Comme le rappelle le concile Vatican II, la liturgie est le lieu par excellence où le Christ s’associe son Église pour continuer son œuvre de salut pour tous les hommes, œuvre accomplie dans sa Pâque, et pour rendre toute gloire au Père en accom- plissant ainsi son désir 3 . 2. Cf. Prière eucharistique IV, qui dit aussi : « Afin que notre vie ne soit plus à nous-mêmes, mais à lui qui est mort et ressuscité pour nous… » 3. Cf. Constitution sur la liturgie, n° 5-7.

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