Magnificat - Juillet 2018
Au fil du mois 217 culte de Baal et une usurpatrice, puisqu’elle s’est empa- rée du pouvoir à la mort de son fils, après avoir éliminé tous les descendants de la maison de Juda, à l’exception de Joas qui lui fut arraché. C’est dire combien elle est dans la démesure et l’aveuglement, sa haine personnelle appelant la haine universelle. U ne vie cachée en D ieu Face à elle, la figure de Joas est une respiration de la grâce. Dans le deuxième livre des Rois et dans le deu- xième livre des Chroniques, il est rapporté que Josabeth, fille du roi Joram et sœur d’Ocozias, prit Joas, un des fils du roi Ocozias, pour le soustraire au massacre. Elle le cacha, lui et sa nourrice, dans une chambre de la mai- son du Seigneur, pour le dissimuler aux regards d’Atha- lie (2 R 11, 2 ; 2 Ch 22, 11) . Il y demeura jusqu’à l’âge de 7 ans et là, sous la protection du prêtre Joad et de ses officiers, il fut proclamé roi et oint devant le peuple, tan- dis qu’Athalie, criant à la trahison, fut mise à mort dans son palais, et le temple de Baal ainsi que son grand prêtre Matane, détruits (cf. 2 R 11, 3-18) . Quelle leçon tirer de cette suite sanglante où les liens de parenté et la paix de Dieu sont bafoués par le goût du pouvoir et le refus du pardon ? À la fois peu et beaucoup. À première lecture, le rétablissement de la justice et de la loi contre le poids des ambitions personnelles. À seconde lecture, derrière la frêle silhouette de Joas, arraché au massacre et élevé au sein du Temple, à l’écoute de Dieu, la rencontre du spirituel et du temporel, l’alliance de la royauté avec la sagesse divine, sans laquelle il n’y a pas de gouvernement éclairé. Le long règne de quarante ans de Joas, attaché à restaurer les lieux sacrés, en établira la preuve sur la dépouille sanglante d’Athalie.
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