Magnificat - Juillet 2018
216 Au fil du mois Hommes et femmes de la Bible Athalie, l’usurpatrice Nathalie Nabert L’histoire d’Athalie, rapportée dans le deuxième livre des Rois et dans le deuxième livre des Chroniques, est une tragédie doublement sanguinaire. Tragédie de la ven- geance d’une mère et, en retour, tragédie de la vengeance d’un peuple contre l’usurpatrice. Mais entre ces deux fronts de violence morbide se laisse saisir l’histoire du salut du peuple d’Israël, à travers la fidélité à Dieu repré- sentée par la figure enfantine de Joas, arraché à la mort et élevé dans le Temple à l’abri des regards, dans le secret de Dieu. Deux mondes s’affrontent, celui de la haine et de l’endurcissement du cœur, et celui de l’onction divine dans la pureté de l’innocence. Cette opposition radicale n’échappera pas à l’attention de Racine qui fera d’ Atha- lie sa tragédie la plus sombre face à l’anéantissement de l’être dans le mal. L a vengeance d ’ une mère Athalie appartient à cette lignée des femmes de la Bible défigurées par le mal, l’ambition et le malheur. Princesse du royaume d’Israël et de la dynastie des Omrides, elle est l’épouse de Joram, roi de Juda dont elle eut un fils, Ocozias, qui régna à son tour jusqu’à sa mort à Meguiddo, frappé par l’armée de Jéhu (cf. 2 Ch 22, 6b-9 ; 2 R 9, 27) . Comme Jézabel – dont une certaine tradition exégétique aujourd’hui contestée, fondée sur l’interprétation de 2 R 8, 18 et 2 Ch 21, 6 , voit en elle sa mère, leçon que retien- dra Racine dans sa tragédie –, Athalie est une adepte du
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