Magnificat - Juillet 2018
8 Les chemins de la prière du Dieu invisible. Impossible de réduire le royaume de Dieu à un concept, une doctrine, une idéologie : il est « quelqu’un », il est le Christ lui-même. La foi catholique réprouve les interprétations millénaristes qui confondent le règne de Dieu avec un progrès politique ou social, qui promettent un « Reich de mille ans » ou un grand soir utopique… Tout comme Jésus, le Royaume peut être accueilli ou rejeté. Il n’est pas de ce monde, mais il est dans ce monde. Il est déjà là et il vient. C’est pourquoi la demande du règne s’identifie avec le cri de l’Esprit et de l’Épouse qui disent : « Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 20) . L’Église est le Royaume « Le Christ a prêché le Royaume et c’est l’Église qui est venue », raillait autrefois le moderniste Alfred Loisy. Comme si l’Église n’était qu’une déviance humaine oppo- sable au royaume spirituel promis par Jésus. Ce n’était guère la manière de voir de l’antiquité chrétienne. Saint Grégoire le Grand résume la pensée des anciens en affir- mant : « Je me souviens avoir dit maintes fois que dans le saint Évangile, l’Église présente est d’ordinaire appelée le royaume des Cieux 3 . » Dans le sillage de tout l’ensei- gnement des Pères, Vatican II affirme que l’Église n’est pas autre chose que « le Règne de Dieu déjà mystérieu- sement présent » ( LG, n° 3). L’Église est « sacrement du Royaume », signe de sa présence, moyen de sa propaga- tion et gage de sa venue définitive. Demander la venue du règne de Dieu, c’est aussi appeler de nos vœux le rayonnement et la diffusion de l’Église dans le monde. 3. Saint Grégoire le Grand, Homélies sur l’Évangile , II, Sources chré- tiennes, n° 522, p. 455.
RkJQdWJsaXNoZXIy NzMzNzY=