Magnificat - Juillet 2018
Les chemins de la prière 9 L’Esprit Saint est le règne de Dieu Comme le Royaume, le Saint-Esprit est déjà là et pour- tant nous appelons sa venue : « Viens, Esprit Saint ! » Il faut mentionner ici une variante des manuscrits anciens dans lesquels, au lieu de « Que ton règne vienne », on trouve écrit : « Que ton Esprit vienne sur nous et nous purifie. » Cette version paraît très antique puisque déjà Tertullien ( ii e siècle) la connaît. Le règne de Dieu est tout bonne- ment identifié à l’Esprit Saint dont la venue opère notre purification. La deuxième demande révèle ainsi l’aspect trinitaire du Notre Père . Nous nous adressons au Père, lui deman- dant que son Nom (c’est-à-dire le Fils) soit sanctifié et que le Règne (c’est-à-dire l’Esprit Saint) vienne. Les trois personnes divines sont invoquées tour à tour au début de la prière. Le règne de Dieu dans le cœur des pauvres Heureux les pauvres de cœur […]. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux (Mt 5, 3.10) . Les deux béatitudes du règne, celle des pauvres et celle des persécutés, sont au présent car déjà, le Seigneur règne dans les cœurs des justes. Ce n’est pas dans l’avenir, mais bien dès maintenant que les pauvres et les persécutés possèdent le royaume de Dieu. En demandant la venue du règne de Dieu, nous nous exhortons donc nous-mêmes à la pauvreté spirituelle et à la patience dans la persécution. Nous retrouvons là la dimension morale du Pater si souvent mise en avant par les Pères de l’Église. « Que ton règne vienne », c’est-à-dire que ton règne me conquière et me gagne ! ( Le père Guillaume de Menthière est curé de la paroisse Notre- Dame de l’Assomption à Paris et enseigne la théologie au collège des Bernardins .
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