Magnificat - Juillet 2018

Les chemins de la prière  3 mot ekklesia , terme grec mais porteur d’une valeur spéci- fiquement biblique, passe au latin sans même être traduit. Il est employé pour désigner non seulement la collecti- vité des chrétiens dispersés, mais aussi leur rencontre périodique autour de la parole de Dieu et de l’eucharistie (cf. Ac 2, 42) . Ce rassemblement pour la prière est même perçu comme un des marqueurs d’identité des chrétiens, à en croire les témoignages de ceux qui les présentent aux païens 1 . Il manifeste l’œuvre de rassemblement opérée par le Christ dont la grâce est mystérieusement présente dans toute assemblée liturgique. Il ne faut pas perdre de vue que c’est toujours Dieu qui rassemble son peuple, quels que soient les efforts pastoraux déployés pour y parvenir. Dieu a et garde l’ini- tiative première et prévenante de rassembler son peuple pour faire de lui un peuple de sauvés. L’assemblée se reçoit comme un don gratuit de Dieu et non comme la somme du consensus de ses membres. C’est Dieu qui lui donne la possibilité et la capacité de s’accueillir mutuel- lement par-delà les différences d’origines, de cultures, de sensibilités. La réunion des fidèles comporte une pré- sence du Seigneur. Plusieurs Pères, notamment saint Jean Chrysostome, appliquent la parole de Jésus à l’assemblée : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Mt 18, 20) . Il n’y a pas d’Église sans assemblée. Pourtant cette dernière ne se suffit pas à elle- même. Elle devra s’ouvrir encore à une présence de Dieu par sa parole et tendre vers les sacrements qui sont des actes du Christ. L’assemblée liturgique connaît comme un écartèlement : en son sein, le croyant découvre chaque jour que le Seigneur qu’il possède est un Seigneur qui doit 1. Cf. Pline le Jeune, Epistolarum , lib. 10 ; Justin, 1 re Apologie, n° 67 ; Tertullien, Apologeticum , n° 39.

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