Magnificat - Juillet 2018

V commentait Jacques Bénigne Bossuet, dans ses Méditations sur l’Évangile , elle n’a pas touché « véritablement selon le corps » mais « que par la foi et selon l’esprit ». Sans doute, le célèbre prédicateur, contemporain de Louis de Boullogne, connaissait-il l’affirmation de saint Augustin : « Toucher avec le cœur, c’est cela croire. » Le peintre représente, avec habileté, le moment précis où la femme, effleurant le manteau de Jésus, est regardée par lui. Le Christ s’est retourné, il bénit celle qui n’ose pas même lever le regard vers lui, tandis que saint Jean, identifiable au premier plan, à gauche, par ses vêtements rouges et verts et par sa jeunesse, manifeste de la crainte ; et Jaïre, le chef de la synagogue venu chercher Jésus pour qu’il guérisse sa fille, semble la condamner en la désignant. Le rythme savant des gestes et des attitudes contrastés conduit le regard vers le centre de la toile, vers ces deux mains, celle du Christ et celle de la femme, l’une qui bénit, l’autre qui touche, deux mains tournées vers la terre mais l’une pour élever et l’autre pour s’abaisser. La foi, condition du salut La composition permet donc de rendre intelligible l’événement qui exalte la foi de celle qui n’a pas craint de s’approcher de Jésus et qui, parce qu’elle a cru, sera élevée, elle qui était abaissée. « Le Christ est venu chercher, rencontrer et sauver © RMN-GP / P atrick M erret .

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